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 + à l'ombre de ton cœur.

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MessageSujet: + à l'ombre de ton cœur.   Mer 10 Aoû - 21:23



"la fille-nuit", miko seira
featuring yoshida sayo
“ Love is choosing, the snake said. The kingdom of god is within you because you ate it. ”

nom prénom △ il y avait dans ses iris charbonneuses, une incandescence absorbée par le souffle de ses mots illusoires. telle la jeune aube, le sein mourant sous les flèches iridescentes, cette lueur grandissait sans cesse, se nourrissant du prisme de la vie. on se fichait bien de savoir qui elle était au fond, "bambi" le matin, "baby" le soir "partie" la nuit. au fond, elle n'a jamais été un être défini, toujours en mouvement, toujours en mutation...elle passa de mura yasuko. lourd et sec comme ces temps hantés au village, tâché d'une définition "enfant calme", à des millions de syllabes couronnant son visage...miko seira s'est-elle nommée à présent, vide de sens, pour peindre un nouveau tableau, une nouvelle existence. âge  △  "You are twenty. You are not dead, although you were dead. The girl who died. And was resurrected. Children. Witches. Magic. Symbols. Remember the illogic of the fantasy." - Plath. lieu et date de naissance △ embrassée par la chaleur d'un village nippon, un trente-et-un août. origines △ le soleil levant trace son sillage sur sa peau de nacre. nationalité △ son sang se dissout dans la liqueur de ses mensonges envoûtants. pourtant, elle n'est rien d'autre que poussière, et en poussière retournera-t-elle, cette étrange nippone. emploi/étude △ engourdie par les multiples facettes de son âme-prisme, elle est tout ce qu'elle décide d'être. ses pâles illusions valsent avec la réalité qui n'est autre qu'une jeune fille, prisonnière d'un bar. effeuillant son corps aux traits maladroits, les soirs. statut matrimonial △ plus rien n'a l'air de vrai dans les frémissement de son cœur...elle apprend sur les lèvres le gout d'un amour fébrile. orientation sexuelle △ hasardeuse dans les draps abusés par des corps échauffés. groupe △ sae.

1. survey ; picture perfect

Ton groupe sanguin ? AB. Crois-tu aux soulmates ? je ne sais pas vraiment.... Ton dernier message envoyé ? "désolé, l'alcool...". Ton dernier tweet ? sans twitter. Ton dernier message reçu ? "poses ce soir à 20h pour un petit groupe de dix personnes, c'est bien payé.". Fréquentes-tu les raves du club YZ ? ça m'arrive...du moins, j'y vais...souvent. Ressens-tu les bouleversements de culture ? Es-tu toi-même un « partisan » de ces changements ? je ne suis rien du tout, je sens le vent sur mon visage, les regards méprisants lorsque mon accent fait écho entre leurs côtes.


2. chinese portrait ; if you were...

si tu étais un mot ? velléité. un adjectif ? éphémère.  un verbe ? dévaler. un super-héros ? la serveuse du café brumeux au coin de la rue. un vêtement ? une légère camisole. un objet ? une antique boussole. une heure de la journée ? 05:00 AM. une erreur de jeunesse ? mon silence. un défaut ? le caprice. une qualité ? l'évanouissement, l'effondrement dans ces ombres dansantes. un vœux ? celui imprononcé des grands mourants. une odeur ? le parfum d'un amour dérobé par l'aube. un des 7 péchés capitaux ? l'envie. un des cinq sens ? le toucher. un signe du zodiaque ? le scorpion.  un super pouvoir ? la métamorphose.


bramble heart
dis nous en un peu sur toi, fais toi plaiz

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MessageSujet: Re: + à l'ombre de ton cœur.   Mer 10 Aoû - 21:23



gone with the wind
“ She stood there: she listened. She heard the names of the stars. ”


3. behavior ; in front of the mirror

"Tirage à l’endroit : La Lune – L’Hermite – La Roue de la Fortune – L’Empereur – Le Mat – L’Arcane sans Nom – La Papesse – Le Pape – L’Amoureux – Le Pendu
Tirage à l’envers : Le Jugement – Le Bateleur – L’Impératrice – Le Chariot – La Force – Le Diable – L’Etoile – Le Soleil – Le Monde – La Justice – La Tempérance – La Maison de Dieu
L’étrangère ~ L’amante ~ La lunaire ~ Le passé ~ La brumeuse ~ La petite mort ~ L’amazone ~ La malinche
Et tous ces jolis mots que les voix créatrices font vibrer.
"


4. story ; behind the curtains



"On ne se souvient que des rebords. Des cris perçants. Du calme haletant. Des pas pressés dont les échos remontaient jusqu’à la chambre plâtrée. De la boue aussi…des rues non pavées qui s’offraient aux fantômes du passé, aux mots écorchés par la misère et l’humilité de l’âge. Ils peuplaient les souvenirs ces vieillards, les mâchoires tremblantes, fredonnant doucement les chansons d’avant, du temps d’avant. Ils regardaient le soleil se coucher pour l’énième fois, les pieds trempant encore dans les rizières et le sang d’antan, et lui…il les observait mourir pour la première fois. Leurs mémoires rythmées par les obus et les tirs planaient toujours au-dessus du village, l’entourant, l’enveloppant. Comme une mère protégeant son ventre fécond. Le sable avait arrêté de filer sur ces murs lézardés, entre les doigts des habitants. Entre les pierres grisonnantes, les minutes défilaient avec langueur. Tout y était suspendu, au ralenti, comme épuisé par la chaleur qui s’abattait avec cruauté. Comme drainé par l’humidité qui s’infiltrait dans tous les pores, creusant des fossés entiers sur les visages dérobés du ciel. Les étés y étaient asphyxiants sous les rideaux des rayons embués. La symphonie y était écrasée et parfois, telle une nuée d’oiseaux faisant frémir les feuilles des arbres dans leur envol soudain, les enfants courraient. La quiétude enfumait les veines du pauvre bourg comme si l’atmosphère entière étouffait toute personne sortant dehors, osant se confronter à l’astre impérial. Le village était meurtrier et fertile à la fois, le fleuve s’acharnant en des torrents impétueux, emportant les rives, les feuilles, les animaux, les bateaux, les mots, les vies. Il était l’unique monstre avalant tout sur son chemin mais irriguant les cultures humaines et les mémoires anciennes. On disait qu’il semait dans tous les habitants ce désir sauvage pour la fougue, ces rêveries destructrices qu’ils tentaient d’incendier sous le soleil. Lui aussi avait influencé ses enfants. Lui aussi venait chercher ses morts.
Il ne se passait véritablement rien en ce lieu. Un seul événement fit tourner l’aiguille,  et des vagues de fleurs enflammèrent l’eau tant crainte et idolâtrée.
On en parle encore de cet âge terrible, quatre ans. Au village, on parle encore de la fille qui connut la mort avant l’amour. Il fait trembler les mères aux seuils des portes salées, cet âge damné empli d’un mystère entier. Les premières indépendances, l’envie de courir. Le cordon toujours bien ficelé entre les maternelles et les bambins. La peau rougie par les rires, les yeux bouffis par le ciel.

C’est disparate.

Yasuko n’avait, elle, que des instants noyés dans sa tête d’ébène. Que des faces emportées par des flots, de vagues odeurs parfumant sa conscience, des lumières scintillant dans le fond.
Quand elle y pense, elle n’a qu’une gourmandise glissant contre les parois de sa gorge. La mangue se décomposait dans sa bouche, explosant le miel à ses doigts hasardeux. Le jus ruisselait contre sa peau opaline magnétisant la saleté et tâchant ses jupes raccommodées. L’eau, elle, l’eau s’écroulait sur sa langue comme du verre brisé à présent…ou était-ce ses mots barbouillés ? Elle ne parlait pas beaucoup. Comme une étrangère, elle déambulait, phosphène, dans les petites ruelles boueuses par les temps de pluie. Cherchant refuge dans les recoins de son esprit, son cerveau, plomb liquide, échauffé par le terrible Apollon, divaguait dans les méandres de ses pensées.
Quand elle y repense, elle n’avait que cette chaleur gigotant sur le côté de sa hanche. Pendant à bout de bras, lourd d’existence. Yasuko venait d’une famille-tornade, ayant laissé les fracas des sentiments derrière soi, renversant la sensibilité, la faiblesse. Une meute de loups aux crocs usés, voilà ce qu’ils étaient. A se toiser, sauvages, à se perdre de vue, à partir, finalement. Trois grands-frères, un père, et un petit-frère, voilà le tableau complet des Mura. La mère disparut depuis longtemps, et c’était tant mieux au fond. Une autre femme aurait rajouté trop de contraste, trop de paroles inutiles, des échanges vides. On ne s’aimait que lorsqu’on ne se voyait pas, lorsqu’on ne se rencontrait pas…du moins elle, elle oubliait. Oubliait les dépenses de ses grands-frères, le labeur écorchant les mains de son père, l’absence de la maternelle, la mort de l’enfance dans les souffles du dernier. Etrangère entre ces murs de plâtre fissuré, étrangère dans leurs conversations ennuyeuses. Yasuko se taisait sans cesse, criant le nom du fantôme dans les ruelles terreuses. Il s’enfuyait souvent, le gamin, celui dont elle était la mère et la sœur. Il parcourait le village de ses petits pieds, tenant à peine en équilibre. Il n’était pas un Mura, lui. Il n’appartenait pas à cette famille incomplète, se déchirant en silence, anesthésiée par ses propres soucis, les mots perdus dans la demeure. Lui il était à tout le monde, qui le souhaitait le prenait dans ses bras, ou sur ses genoux, lui offrant des sucreries collant aux doigts et aux dents, lui racontant des histoires farfelues, des morales à deux balles. Il partait souvent s’amuser avec les autres dehors, bien qu’il soit le plus jeune, le plus frêle, et il rentrait après en pleurant dans les jupes de Yasuko. Puis un jour, le bambin est partit pour de vrai : rire avec les étoiles, ramper sur les courbes de la lune, s’accrocher à elle et se faire tirer les petits cheveux par les chérubins. Yasuko pendant longtemps avait crié son nom au seuil de la maison…pensant qu’il pouvait revenir, le sourire barbouillé de confiture et de poussière, la chevelure valsant avec le vent. Ou peut-être était-ce une habitude à elle, tout simplement. Appeler la seule personne qu’elle aimait, comme un malade parlant à une quelconque divinité de son état léthargique, mourant.  

Il n’y avait véritablement rien d’autre dans les artères de sa jeunesse. Juste des syllabes non prononcées, une haine renfermée dans les poitrines, un temps qui s’évanouissait rapidement, suivant les flots funèbres et nerveux du fleuve.

Il y avait, encore et toujours, ce même village. Cette même prison qui lui donnait la nausée, l’envie de s’arracher les viscères, de laisser les vagues soulever son âme, l’attirer vers le fond. « Ce serait mieux sans toi. » « J’peux partir alors. » « Ben casses-toi, tu fais tellement ta maline. ».
Elle était devenue telle la pluie tardive d’un été épuisé. Violente, maladroite et suffocante sous sa poitrine marmoréenne. Lourdes, ses larmes se précipitaient brutalement, traçant des sillages sur ses joues terreuses. Elle ne pleurait pas souvent, l’enfant. Pas devant eux. Pas à la vue du ciel. De tous. Elle se susurrait la nuit les prières mystiques de jeunes captives du destin. Elle faisait frissonner le langage des tragédies.
Yasuko était une poésie…une poésie pourrie par l’infiltration de l’humidité et de la chaleur oppressante qui dominait les heures et les minutes. Les secondes, et les éternités.

Les nuits d’été étaient longues et incandescentes dans cette atmosphère pesante. Sous ces lumières artificielles faisant descendre les astres de leur trône divin. Et les visages importent peu durant ces moments. Ils s’allument, s’éteignent, disparaissent puis s’embrouillent. Il fallait seulement filer des coups de poings au ciel. La fête du village était un de ces évènements qu’on ne pouvait absolument pas rater. Elle se souvenait encore de ces robes éclatantes dérobant les regards, les esprits, dansant contre les jambes, s’échouant contre les cuisses. S’effleurant, comme des vagues s’écrasant les unes contre les autres, en un artifice de couleurs. Yasuko se souvient des rires qui explosaient enfin, après le temps assassin des moissons, à pleine gorge. Gras et volumineux, ils bondissaient vers la lune et éclataient de nouveau contre les faces vieillies par la misère. Puis le bonheur était brut sous les lanternes. Il était dans les perles de sueur embrassant les corps épuisés par ces mouvements de foule, il était dans la malice d’une jeune fille en fleur roucoulant contre le torse d’un homme, il était dans les brûlantes haleines éclaboussant les cous humides, il était dans le frétillement d’un cœur nouveau qui regardait, au loin, l’horizon s’embrouiller par l’alcool et l’euphorie. Dans cette même mélancolie, qui, plus tard dans la nuit, lorsque le corps serait au lit, refroidissant de ses pas effarés, ferait couler des larmes d’achèvement. Ou dans les courses perdues…dans ces pas qu’on ne revoyait par la suite, plus jamais…ces visages qui ne faisaient plus la fête.
Le bonheur était dans Seira. Elle le portait à bout de bras comme un jour Yasuko avait pu porter son petit frère. La Seira était jolie et ne le savait pas. Sous sa robe de coton, jaunie par l’usure, ses formes fleurissaient doucement. La Seira ne savait pas qu’elle était désirée. Par tous les hommes, Papa disait qu’elle était bien belle l’enfant Mû. La Seira, avec son visage d’ange, ne savait rien de tout cela. Et Yasuko lui en voulait, de ne pas connaitre les tords dont elle était la Circée. La sauvageonne jalousait son prénom qui était vide de sens, tout comme la petite Seira qui faisait des ondes sur ses vêtements volages lorsqu’elle marchait. La Mura, celle aux cheveux ébouriffés, aux pieds écorchés, aux mains trop rugueuses pour son âge, aux yeux trop profonds…reflétant les gouffres du battant déjà si avancé, n’était rien comparée à l’autre. Elle n’était que la boue qui tâchait les godasses à peine cirées, que le chat noir, celui des gouttières, qui tentait de vivre fébrilement des ombres.
Yasuko enviait cette Seira…elle la détestait comme elle désirait désespérément de la toucher. D’atteindre son âme et la dérober pour la faire sienne, la garder entre ses paumes terreuses et abimées, la sentir, chaude et froide en même temps, frémir contre sa peau…la voler et la garder comme un moineau à l’aile brisé. Yasuko détestait cette Seira. Comme elle l’aimait profondément, purement, d’un amour infantile et hésitant.
C’était durant une nuit comme celle-ci, qu’elles se magnétisèrent, et que la petite Seira posa, épuisée, sa tête contre les cuisses de la silencieuse, faisant parler son esprit. Elle souhaitait être son amie, et bien plus…entremêler leurs doigts, lier leurs secrets par des promesses sous les arbres curieux, enterrer leur jeunesse par des prises de conscience déroutantes et brutales. Et c’était la jouissance sous sa poitrine, la joie aux lèvres lorsqu’elle rentra chez elle.  

C’était durant une nuit comme celle-ci, chaude et crêpée, qu’un regard voisin vola son corps.
"


"« La mort. », la voix juvénile ricocha contre le bois assoiffé. « Vers les lumières. » répéta l’autre avec le même ton monotone. Il ne suffit qu’un hochement de tête pour que les petites sorcières scellent leur destinée pour une dernière fois. Avant que le cri des mères ne vienne battre leur visage impassible…elles avaient puisé la force qui leur manquait dans la superstition, dans la peur de ces adultes infantilisés…elles étaient grandes dans leur robe longue, grandes dans leurs danses nocturnes, grandes dans leurs mots troublés. Le feu du Sabbat illuminait leur battant au rythme dionysiaque, projetant contre leurs côtes d’ivoire les ombres de leurs angoisses. Celle de ne jamais quitter cette torpeur, celle de ne pouvoir avancer, être absorbées par le sable mouvant que ce village était, celle de leurs regards impétueux, de leur langue vipère…Elles craignaient tant la vie qu’elles s’étaient créés elles-mêmes une existence mythique. Un coven, une sécurité, une famille que les matrones du village vinrent détruire…puisque ce dernier achevait tout et tout le monde.

Tout se distançait par la suite. Les flots, l’écume, les murmures.

On n’entendait plus que le cliquetis des baguettes contre le bol usé et le bourdonnement d’une mouche dans la misérable pièce. On ne sentait que l’épice s’accrochant aux narines, que la poussière qui caressait les faisceaux, quelques rescapés des volets fermés à la peinture écaillée. Que cette symphonie, la même qui des années auparavant avait hanté le cœur de la jeune sauvageonne.
Il y avait des commissures dans son âme, des grésillements entre les battements, de la brume devant ses rétines épuisées.
Il y avait ce corps qui avait été tiré par le temps et le travail, par cette apathie qui rongeait son être, il y avait cet âge qui ne collait plus aux traits de son visage. Yasuko était déjà vieille…sa personne avait amassé la crasse des années, l’épuisement des jours d’été.
Elle ne faisait rien, sinon fixer l’autre bout de la table, cette tête familière et vague à la fois. Ce voleur de corps et d’âme. Cette chose insignifiante qui avait éclipsé le chemin de toutes les rédemptions.
Elle ne faisait rien sinon  imaginer si Eve avait été créé en première. Elle aurait été là, à sa place, à le dévisager alors que le jus d’une mangue coulerait le long de son menton suivant la trace de ses baisers évanouis.
Il avait le visage bouffi, dévoré par ses insipides expressions, par son atroce stupidité. Par cette envie de retrouver le satin d’une peau jeune. « Pourquoi me veux-tu ? » avait-elle demandé un soir. « Je ne sais pas vraiment…tu me rappelles ma femme, quand elle avait ton âge et qu’elle était belle…si belle Yasuko. ». Le sale désir de croquer dans le sein vierge d’une enfant. La nausée qui lui prenait l’être quand il lui susurrait les mensonges d’un amant enterré par la petite mort. « Dis-moi que tu m’aime, petite. » Et il ne se contentait que de son écho contre les murs lézardés par le temps, parcouru par la pauvreté. Il lui était l’indifférence même…comme toutes les personnes de sa vie. Elle détournait le regard quand il relevait le sien, oubliait sa présence quand il criait pour la sienne. « Tu vas te casser un jour, petite. » Qu’il avait lancé ce jour-là. « Tu vas te casser comme tout le monde dans ma putain de vie. » Sa femme avait été son monde autrefois, il le lui avait confessé, la tête sur les cuisses, caressant avec langueur la peau dénudée. « Hein p’tite salope ? Tu viens juste pour prendre ton pied puis tu repars. » Il avait la haine qui lui corrompait les veines…l’alcool de la tristesse bâclant ses sentiments et ses mots. Il avait cette furieuse envie de la voir exister, là, dans cette pièce alourdie. De la faire exister. Un poing sur la table, faisant vibrer sa dépression dans la moelle de ses os, une assiette jetée contre le mur et une silhouette qui pullulait de finitudes. Il n’était pas l’infini de ses désirs…il marquait une fin. Elle n’était que le début.
Le silence transcenda la pièce. « La mort arrive et elle portera mon nom. ».

La brûlure d’un Omikuji contre ses doigts opalins, le détournement face au pin, les mauvais démons n’arrivaient pas à l’effrayer. Elle avait grandi ainsi, portant la couronne de ses péchés…l’indifférence voilant ses yeux. Elle n’avait jamais vécu. Jamais, pleinement, complètement, totalement.

-Tu vas où ?
-Vers les lumières.
-Elles ne sont plus là.
-Je vais vers les lumières, là-bas.
-Elles s’éteindront.
-Je mourrai, là-bas.
-Tu mourras tout court, là ou bien là-bas. Tu mourras.
-Tout le monde meurt.

Seira courut quelques mètres après le camion. Celui-là même qui emportait, les nuits du dimanche, les frères Mura  loin, dans les grandes villes, pour jeter l’argent dans des jeux salaces. Seira criait…comme Yasuko avait pu crier au seuil de la porte, il y a des années maintenant. Seira pleurait…et Yasuko ne ressentait rien. Rien sinon le vent. Ça oui, elle le sentait. Elle pouvait le sentir lui arracher le visage, les pensées et puis le cœur aussi. Parce qu’il le fallait. Il fallait le déluge en son être pour pouvoir se reconstruire, laver cette sueur qui agrippait ses cheveux sur sa nuque. Laver ces larmes terreuses qui embourbaient ses joues. Laver ces émotions, prisonnières de son esprit. Le laver lui aussi de ses misérables souvenirs. Et puis laver toujours et encore cette même robe usée par la poussière.
"


"Et puis il y avait ces lumières éclatantes qui berçaient ses nuits. Veilleuses, elles observaient l’être, somnambule des rêves, endosser dans ce grand théâtre, le rôle même de la Comédie Humaine. Elle était tout et rien à la fois. La jeune vierge que l’on respectait, comme la pute que l’on baisait. Elle était l’intouchable et l’inexprimable. Un parfum d’incompréhension, un mystère, énigme à part entière. Il n’y avait plus de Yasuko…on avait préféré la laisser au village, là-bas, dans les ténèbres du soleil…dans les tourments de ses habitants. Elle ne savait pas si on avait pleuré son nom. Peut-être était-elle partie comme maman, un jour, une nuit, sans rien dire…sans laisser de traces. Elle avait été égoïste, parce qu’elle ne voulait pas s’éteindre à petit feu. Il n’y avait jamais eu de sens dans ses gestes, ni ses paroles…juste un amas confus d’existence s’entremêlant dans son étroit esprit asphyxié. Tout le monde l’était là-bas…et tout le monde se déchirait avec lenteur et agonie. Amour et ombre mystique. De l’encens dans les narines, un fanatisme secouant les os…
Dans ce trou obscur qu'était le village, tout fanait.
Ils n'avaient pas le droit de la faire mourir. Elle devait choisir sa propre mort.
Et Yasuko y repense parfois. Elle repense à la petite fille de quatre ans retrouvée, la robe de coton bousillée par la boue, sur les rives du fleuve enragé.
"


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MessageSujet: Re: + à l'ombre de ton cœur.   Mar 16 Aoû - 22:53


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MessageSujet: Re: + à l'ombre de ton cœur.   Mer 17 Aoû - 12:23

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MessageSujet: Re: + à l'ombre de ton cœur.   

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