pensez à venir réserver vos avatars dans le bottin, car ils ne vous
sont pas réservés à l'inscription. rappel : les réservations ne durent que 4 jours.
merci de favoriser les amsaseum et les horangi

Partagez | 
 

 2 A.M. (ft jiko & seira)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
shout out to

avatar

새 ✧ un jour ailleurs
PROFIL
♡ avatar : yoshida sayo.
♡ messages : 480
♡ occupations : embrase ses traits de ton charbon abusé, recourbe ses seins et ses hanches, récolte l'iridescence de son regard, raccroche les étoiles à sa figure fatiguée...réclame la liqueur, salvatrice de tes maux, à son oreille indifférente.
♡ côté coeur : hantée, possédée par l'amour même de l'amour...et elle court, se jette, dans les bras de tous ceux qui sont capables d’essouffler le vent de ses poumons.
RPG
Voir le profil de l'utilisateur

MessageSujet: 2 A.M. (ft jiko & seira)   Lun 5 Sep - 1:41


 
■■■
"I want neither
the sweetness of honey
nor the sting of the bees"

Le vent étouffait les battements de son cœur sous son souffle aventureux. Il glissait contre ses paumes rougies par l’ensauvagement de ses rires, embrassait le coin de ses lèvres embrouillées d’un rouge atténué, léchait son cou entrelaçant le parfum de la douce ivresse à celui de la lavande vanillée. Les doigts aériens ébouriffaient ses cheveux de jais, lames aux reflets lunaires, se hasardaient sous sa robe de velours, contre sa peau nacrée, décrochaient les astres de ses larmes perdues entre la blancheur de son grain et le noir de son maquillage. Ce dernier traçait des arabesques dû à la chaleur et la fatigue que son corps épancha quelques heures plus tôt…avant qu’elle n’erre entre les artères de la cité coréenne, barbouillant les différents visages voilés dans son esprit embrumé. Ils étaient comme de petites notes volées à un écrivain…des histoires fumant leur existence, des traits construisant les temples de leurs émotions, là où ils viendraient sacrifier leur raison…égorger la logique préétablie…comme elle, elle l’avait toujours fait. Elles ne connaissaient pas leurs lois, ni leurs idéaux, elle se contentait de ses instincts bestiaux…ceux qui lui arrachaient les poumons de leurs rugissements féroces, dévoraient le plomb de son cerveau malade gangrené par tant de vies qu’elle ne put mener, tant d’envies qu’elle ne put assouvir. Oui, elle n’écoutait que la symphonie des oiseaux migrateurs retentissant en elle…suivant les traces effacées. Il n’y avait jamais rien de concret dans ses démarches, rien de normal, juste de l’air…du vent.
Et ses idées partaient valser avec lui.
Ses mots se perdaient.
Son regard s’éloignait.
Loin.
Elle fuyait, en cette nuit, le fil rouge de la destinée, celui-là même qui tenta de s’enrouler contre ses poignets usées par sa haine silencieuse. Celle qui mordait la pulpe de ses lippes, risquant ses charmes à sa langue-serpent. Celle qui aiguisait les syllabes prononcées, les étincelles échauffant l’être. C’était eux ou elle durant ces moments, et elle se choisissait toujours. Car qui était-elle après tout ? Un rien-sur-pattes. Une chose déambulant sans passé, sans voix, sans opinion. Seira…Yasuko…toutes les identités restaient en suspens comme des astres dans son esprit égaré, illuminant ses mensonges, sa tristesse, cette tempête au fond de son être qui ne pouvait être calmée par de simples attentions. Les émotions, elle ne les ressentait pas…antipathique. Les enfants ? La reproduction. L’amour ? Une question. L’attachement ? Un piège. Oui tout le monde faisait les bonnes choses. Les bonnes conduites face à ce que la société désirait. Une place acquise au prix des volontés. On les perdait tous…dans le silence de la vie, quand leurs voix ne retentissent plus…on perd tout de toute manière. Et alors ? Qu’est-ce que la foule avait à dire face au cadavre d’un gamin dans les bras d’une mère ? Et alors ? La morveuse laissait les images…les visages se noyer dans les gouffres amères de son inconscient. Ses mains repoussaient avec crainte, dégoût, les corps qui s’échouaient contre elle, sous l’écume blanche des draps immaculés. Ses paupières se fermaient sur les frétillements qu’elle éprouvait, elle ne devait les ressentir. Elle étouffait le petit moineau sous un coussin, qu’il se taise le malin ! Elle allait migrer, et lui resterait dans le village ! Il crèverait sous la chaleur…ou se ferait emporter par le fleuve. Comme la petite fille de quatre ans…et son plumage n’en sera que boueux, quelle sale vermine. Ce cœur. Cette liaison qui la retenait ici. Elle en avait peur. Peur de l’engagement, de sentir les sables mouvants ramper contre ses jambes faites pour courir. Pour dévaler les routes indomptées, celles qui effrayaient les « normaux ». Ceux qui étaient « banals » et dont elle aspirait l’essence même, imitant leur médiocrité, leur normalité, leur véracité dans la communion du peuple. Une étrangère pourtant était-elle. Pour toujours. Etrangère vagabonde jusque même ses propres contrés. Et bien qu’elle tente de se fondre dans la vague, le sel lui ronge les plaies, l’eau infiltre toutes ses cellules.
Ses pas funambules perdirent équilibre face à l’affiche lumineuse. Les couleurs explosaient en une galaxie contre le canevas qu’elle était devenue…une peinture expérimentale, une erreur de débutant aux traits trop sévères, presque masculins, héritages de l’austérité du berceau natal, aux couleurs désordonnées, les teintes coulaient, troublant la vue. Elle n’avait jamais été belle, éteinte sous les rayons d’une autre Vénus mortelle, ombrageuse et funeste enlacée au fantôme d’un frère. Il y avait cet aura l’enveloppant…celui qui la gommait malgré tout. Alors pour exister un peu elle se créait sans cesse. S’enflammait chaque soir pour renaitre le lendemain. La nuit était la parfaite transition, où sa transformation avait lieu, le plumage ébène se reconvertissant dans la pureté. Dans le renouveau. Il y avait une perpétuelle révolution en elle, des changements politiques, des sièges, des hurlements. Une guerre civile contre elle-même. Le soulèvement de toute son âme contre le charnel qu’elle portait. Elle aurait souhaité être belle au moins, comme ces filles qui se pavanaient dans les rues, comme ces fleurs qui entachaient ses ongles.
Entrant dans l’échoppe familière, elle se dirigea au comptoir attendant patiemment que le gros Bungo sorte de son antre mystérieuse. Seira ne connaissait que peu de lieux, ne reconnaissait que peu de personnes, le cuisinier et propriétaire du ramenshop en faisait partie. Japonais expatrié suite à une histoire d’amour qui se finit en divorce, il monta sa petite affaire afin de survivre et faire face au regard de honte que son ex-femme lui porte encore. L’enfant-tempête était appréciée du lieu, elle semblait être un phare illuminant l’espace…un rappel, une raccroche à ces terres qu’il quitta, à l’époque, sans regrets. Que ses parents le dédaignent à présent, le gros Bungo. C’est qu’il les abandonna pour une ignoble coréenne ! Seira n’avait jamais compris pourquoi il s’obstinait tant dans son chagrin…et dans son silence, elle le laissait pleurer dans ses marmites. Ils se parlaient japonais. Parce qu’ils le pouvaient. Pas par envie, ni désir, simplement par complicité…parce qu’elle avait compris que ça lui faisait plaisir et que ça pouvait lui éviter l’embarras de minuit : celui où elle quittait sans finir son repas, échappant à la corvée humaine. Seira ne faisait qu’écouter, or…il lui demandait en plus de parler quand ses yeux de chien abattu perlaient. Seira ne savait pas parler. Ses phrases étaient embourbées, maladroites, ses mots crispants…gênés. Sa respiration dérangée. Ses paupières frémissantes.
Il sortit, un sourire accroché à sa bouche buant de gras, fit les mondanités habituelles avant de lui sortir un plat quelconque…qu’elle mangerait peut-être. Rien n’était sûr avec elle. Tout était confus…un brouillon d’artiste envouté par les chants d’Apollon et ses muses sordides. Le remerciant, elle sortit de la poche de sa robe quelques sales pièces, le reste de son argent ayant brûlé dans les bouteilles de bières jumelées. C’était drôle comme elle n’avait rien entendu, rien vu, rien senti, rien vécu avant que l’alcool ne bombarde ses nerfs. Et la vie avec, explosait à ses pupilles, tournoyante, bruyante, violente. Elle se sentait bien ainsi, détachée de la réalité, en communion avec l’existence même…avec les émotions et les sentiments les plus primitifs, pas ceux délicats et polis de la banalité. Elle ne les désirait pas. Ne les voulait pas. Ne les consentait pas. Elle voulait les autres, ceux qui surprenaient autrui, ceux indomptables et indomptés, ceux qu’elle ne contrôlait pas. Ces amants dionysiaques qui lui tiraient les cheveux, dévoraient ses lèvres, arrachaient son battant. Oh oui, là…là la vie battait à ses tympans. Là, elle la goutait de l’arbre interdit.
La salle était vide. Vibrante sous les néons argentés qui jetaient leur fade lumière contre toutes les parois, éclipsant l’extravagance de toute palette. Vibrante quand elle le capta enfin, seul, comme cette nuit-là, enfin…ce matin-là tard dans la nuit. Les doigts emmêlés à ses baguettes, la chevelure perdue entre ses yeux ténébreux. Celui-ci. Cet homme dont elle ne connaissait rien…cette énigme qu’elle ne tentait pas même de déchiffrer, le préférant avec toute cette nuée, ce brouillard aveuglant. Bungo l’avait regardé d’un air réprobateur le lendemain de leur nuit d’amour, lui disant qu’elle ne devait pas se donner au premier venu. Ignorant sa morale, elle lui demanda s’il était jaloux de l’inconnu. Le gros nippon balaya la question en rétorquant qu’il n’avait pas le temps pour ses « gamineries », retournant aussitôt à sa cuisine. Il avait peut-être pleuré…repensant à sa femme qui l’avait repoussé. Elle n’en avait que faire à vrai dire, il ne l’avait jamais captivé, lui.
Magnétisée par la présence de ce fantôme, elle s’installa sans gêne à sa table, face à lui, arrangeant plus ou moins son maquillage en essuyant le surplus qui s’était écoulé…preuves de ses sorties un peu trop fréquentes, de ses perditions récurrentes. « C’est un excellent demande !» Des fautes roulèrent de son gosier. La japonaise avait une vulgarité dans ses propos, une paysannerie qui la marquait comme du bétail. Attrapant ses propres baguettes, elle commença à dévorer le contenu du bol sans même en savourer les différentes épices. Yasuko n’avait pas un palet très développé, son enfance ne lui permit pas d’apprécier la douceur…c’était un peu comme tout. Elle était attirée par ce qui était « bordélique », tel qu’elle se le disait, ce qui était instable…les électrons qui bullaient dans une effervescence folle, les connexions dangereuses…l’adrénaline pulsant dans ses veines. Il faisait partie de son atelier à elle de « choses curieuses ». Il avait une place à part en vérité…parmi tous ces visages ambulants, c’était le sien qu’elle reconnaissait dans l’ombre d’Artémis. Sans même se le dessiner sans cesse ! Il était venu naturellement…du moins, elle était venue naturellement, comme vers une vieille connaissance, pour peu qu’elle en ait une ! « Le vent est fort dans le dehors… » constata-t-elle comme une enfant découvrant une évidence incontestable. Une vérité à laquelle elle allait s’attacher toute sa vie…et même adulte, elle y repenserait sans jamais même se questionner. « Les ramens sont meilleurs quand il fait froid comme ça. » Parole d’un paternel qui offrait à ses enfants les repas des voisins ! « Tu fais quoi à deux heures ? » Elle ne voulait pas vraiment le savoir, juste entendre les récits de sa vie, comme si c’était une grandiose épopée. Ce qu’il avait fait depuis leur dernière rencontre, ce qu’il avait vu, gouté, touché, respiré. Seira adorait entendre les personnes s’emporter, elle adorait distinguer les faibles bruissements d’une timide existence dans leur intonation…tout semblait plus extraordinaire quand on le racontait. Tout semblait plus vivant même. Elle voulait seulement l’écouter…et ne pas parler. Ou bien parler sans le poids et la honte de son terrible accent, de ses erreurs récurrentes, de son esprit enivré.


Revenir en haut Aller en bas
 

2 A.M. (ft jiko & seira)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» J'ai vu de la lumière et... [pv seira]
» B°3, la blonde, la belle et la brute [Feat Mog & Seira]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
SΞOULITES  ::  :: Yongsan :: Itaewon-